Ma voix, mon outil de communication
"Le geste vocal, une fois acquis, apportera
stabilité et fiabilité à la voix. Ainsi la réappropriation de l'outil-voix
pourra redynamiser la relation, parfois figée, du sujet avec son organe, de même
que sa fonction affective liée au passage de l'intime au social."
Bruno
Romanzin, psychologue, psychanalyste.
Ensuite, naturellement, viendra le chant.
Pierre Guérin vous propose de découvrir ou de RE-découvrir votre voix parlée ou
chantée à travers une technique vocale complète et appropriée qui peut être
résumée en 3 phases :
GESTION DE LA RESPIRATION
PLACEMENT DE LA VOIX TONIFICATION
Survol biographique
Chanteur de jazz
professionnel depuis 1997, Pierre Guérin s'est épanoui sur différentes scènes
et dans différentes formations (Comédies musicales, trio jazz, troupe
gospel,...) jusqu'à créer en 2008 sa propre compagnie (La Cie NI VU NI CONNU)
et composer son propre spectacle musical "A Fables, c'est servi ! ", mise en
scène et en musique de Fables de Jean de la Fontaine (voir
www.assocheminfaisant.net Rubrique NI VU NI CONNU). Mais pour en arriver là, il
dût pendant de longues années " faire avec " une voix très fragile, cassante
même, souvent fatiguée et qu'il a remis durant de longues années entre les
mains (et surtout les oreilles) de nombreux professeurs de chant avant de
rencontrer Michel Hamel (chanteur d'opérette, de nombreuses années à Radio
France) et Maurice Brach (Paris) pour la technique vocale, Christiane Legrand,
Laurence Saltiel et Thierry Péala pour le swing et l'improvisation. Le pendant
théorique à cette "liberté vocale" retrouvée fut bien sûr un parcours
universitaire (licence es musicologie Paris VIII, 3 années de formation au
C.I.M., école de jazz, Paris) ainsi qu'une série de stages et une formation
continue au sein de l'association LA VOIX (Formation de l'oreille à la
technique vocale et à la rééducation de la voix) entouré de bon nombre
d'orthophonistes (lire "Comment (ré)éduquer les voix, Ed. La Voix, préface de
B. Colombeau, phoniatre). Ce qui lui permet aujourd'hui d'accueillir des
chanteurs en formation mais aussi de nombreuses personnes en "souffrance
vocale" (mais dont la voix n'est pas atteinte de pathologie).
Entretien
Qu'est-ce qu'une personne en "souffrance vocale" ?
Il y a 2 catégories de personnes en "souffrance vocale" : tout d'abord les professionnels pour qui la voix parlée ou chantée est un
outil de travail quotidien et qui n'arrivent pas ou plus à l'utiliser à 100 %
pour diverses raisons (fatigue, stress, émotivité, mauvaise gestion des
"passages" pour les chanteurs par exemple,...). Ce sont les chanteurs donc,
les comédiens mais aussi les enseignants, les avocats, les commerciaux, tous
ceux qui prennent la parole en public à moyenne ou forte intensité. Une
exception cependant : les téléprospecteurs qui peuvent altérer leurs voix en
parlant à longueur de journée à voix basse au téléphone. Et puis ensuite il y a
les personnes qui, dans leur vie personnelle et donc aussi dans leur vie
sociale, font le constat que leur voix ne leurs convient pas, qu'elle n'a pas
le potentiel pour leur permettre d'exprimer efficacement leurs pensées ou leurs
intentions. Ce peut être par exemple quelqu'un dont la voix, monotone ou
inaudible, ne lui permet pas de s'affirmer socialement comme il le
souhaiterait. Et qui par conséquent peut aussi en souffrir psychiquement. Mais
je ne reçois pas seulement des gens en difficulté vocale, je fais aussi
travailler des personnes qui souhaitent simplement laisser s'épanouir leur voix
à travers le chant.
Vous parlez de la
voix comme d'un outil ? N'est-ce pas réducteur ?
Si ma voix ne peut pas servir
mon intention, si elle ne peut conduire mon discours, musical, social ou
professionnel, alors elle me mettra en difficulté un jour ou l'autre car je
n'en ai pas le contrôle. Comme l'artisan, je dois apprendre à faire le bon
geste technique pour utiliser au mieux mon outil et en tirer le maximum sans
l'abimer (puissance, intonation, ...). Il y a chronologiquement le geste vocal,
qui donne naissance à la voix, et que je charge ensuite d'un contenu: la
parole. Si une difficulté survient, il faudra remonter systématiquement au geste
vocal pour la régler. Ma voix est donc un outil précis que je dois apprendre à
gérer pour qu'il devienne le prolongement, l'allié de ma pensée, ce fameux
passage de l'intérieur vers l'extérieur, de l'intime au social.
On parle beaucoup du travail de la respiration
dans le chant alors que c'est un geste naturel. Quel est votre position sur le
sujet ?
Au départ, la respiration dite "costo-diaphragmatique" ou "respiration basse" est naturelle, c'est d'accord : j'en veux pour preuve
que les petits enfants peuvent crier longtemps sans se casser la voix. Le plus
simple pour nous en convaincre est encore d'observer notre propre respiration
au réveil, avant le lever. Mais la plupart des gens adoptent inconsciemment dès
l'adolescence une respiration pectorale en station debout, qui ne peut pas
soutenir l'émission sonore et un travail précis et parfois assez long de
relaxation est indispensable pour libérer le corps des tensions musculaires qui
empêchent le diaphragme de fonctionner. Cette première phase du travail, la gestion de la respiration donc, peut aussi
provoquer un relâchement des tensions laryngées par son effet relaxant,
relâchement propice à la circulation de la parole. C'est ce que je constate
régulièrement avec les personnes qui me sont envoyées par leurs thérapeutes
(psychologues, psychanalystes) pour effectuer un travail complémentaire à leur
travail thérapeutique.